♪♫ Nous vous prions de patienter ♪♫

Le jour où on a décidé de faire un enfant avec le Bon Ami, je n’aurais jamais imaginé que le plus difficile dans tout cette aventure serait de trouver une place en crèche pour la Chouette. Et pourtant.

Pour résumer au mieux ma formidable aventure au sein des crèches communales, voici quelques dates clés:

– Décembre 2011, j’apprends que je suis enceinte.

– Avril 2012, je vais gentiment m’inscrire aux services des crèches de ma commune. « Mais Madame, vous n’y pensez pas, venir s’inscrire à 5 mois de grossesse, c’est bien TROP tard ». Ah. « Vous serez d’office sur liste d’attente ». Bon. Je n’ai pas prévu de reprendre le travail au bout de 3 mois, j’imagine que ça va se débloquer (pauvre petite sotte que je suis).

– Août 2012, naissance de La Chouette.

♪♫ (nous vous prions de patienter, le service des crèches va bientôt vous répondre) ♪♫

– Novembre 2013 (oui, oui, 15 mois se sont déjà écoulés, ça passe vite hein? Non), on déménage. Pas loin, mais (et c’est important pour la suite de cette palpitante histoire à rebondissements), on change de commune.

– Novembre 2013, again. Coup de fil du service des crèches. « Madame, vous allez être contente, une place à plein temps vient de se libérer ». HIIIIIHAAAAAAAAAHIIIIIIIIIII. Danse du ventre, danse du ventre. « Ah, pardon, mais les places sont réservées aux habitants de la commune. Bon courage pour la suite, Madame ». J’ai quitté la commune deux semaines plus tôt. Je ne conteste même plus, la colère a laissé la place à l’épuisement.

– Novembre 2013, toujours. Inscription sur la liste d’attente des crèches de ma nouvelle commune. Je suis 123ème.

♪♫ (nous vous prions de patienter, le service des crèches va bientôt vous répondre) ♪♫

D’après mes calculs, La Chouette devrait avoir une place en crèche à ses 3 ans. Timing parfait pour l’entrée en maternelle.

Qui est là?

Il m’a encore fallu quelques jours d’hésitation (Est-ce que je vais vraiment réussir à tenir ce blog à jour?), de fausses excuses (Ce nom de blog est vraiment nunuche) pour revenir, et pour assumer que, ben oui, moi aussi j’ai ouvert un blog.

Ce premier texte que j’ai publié, ça a été le déclencheur. Celui qui m’a fait sauter le pas. Un moment que je me demande si je n’ouvrirais pas un blog. Mais pourquoi? Pour qui? Ma vie n’est certainement pas plus intéressante que celle des milliers d’autres blogs dans lequel je décide de me noyer. Mais au final, ce blog, il est pour moi. Parce que j’ai besoin d’écrire. Parce que ce nouveau statut social m’encombre un peu parfois, que j’ai besoin d’en parler, mais que je n’ose pas. Peur d’être jugée, ou mal comprise. Alors qu’ici, j’ai l’impression que je pourrais poser ce que je veux.

On verra bien…

Toc toc

Nous sommes vendredi matin. Le 24 plus précisément. Et c’est l’anniversaire de mon père.

Comme tous les matins, j’allume la radio. Comme tous les matins, j’écoute Pascale Clark. Alors qu’elle m’énerve Pascale Clark. Mais c’est pas grave, j’écoute quand même. Rester connectée au monde coûte que coûte. Avoir l’impression de maintenir mon cerveau éveillé. Même s’il faut écouter Pascale Clark.

Il est 9h18. Je suis encore en pyjama. Je passe le balai dans l’appartement, poursuivie par la Chouette qui veut absolument que j’habille sa poupée. Le quotidien. La routine. Et le petit grain de sable qui enraye la machine.

Pascale Clark présente une de ses chroniqueuses. Claire-Sophe Caulay. Tilt. Claire-Sophie Caulay, c’était ma copine de fac à Nancy. Puis je suis partie en Belgique. Et la distance a fait le reste. Mais qu’importe.

Ce que je vois, ce matin, c’est Claire-Sophie Caulay, parisienne accomplie, dans les studios de France Inter. Ce que je vois ce matin, c’est Claire-Sophie Caulay, probablement stressée, forcément débordée, mais si active. Et je me regarde, moi, dix ans plus tard, en pyjama, le cheveu sale avec pour seul objectif d’aller acheter des citrons pour faire un gâteau à la Chouette.

Et cette image ne me quitte pas, elle me poursuit. Ai-je fait les bons choix?

J’aime tellement ma Chouette, et ces moments privilégiés qu’on partage. Mais certains jours, mon quotidien me pèse. Quotidien de mère au foyer que je n’ai pas choisi. Quotidien que je subis, parfois.

Ce vendredi 24 janvier, je donnerais beaucoup pour échanger ma journée avec Claire-Sophie Caulay.