Ces vacances tant attendues

Lomogram_2014-04-24_11-09-42-PM

 

Nos première vacances à trois. Il était temps, je crois. De prendre le temps de se retrouver, de prendre le temps de se reposer. De prendre tout simplement le temps.

Il y a eu les 8 heures de route, le soleil tout du long, les biscuits partagés, les « on va voir la mer ».

Il y a eu les délicieuses galettes, les fruits de mer tout juste pêchés, le cidre bien frais et les chocolats dans le jardin.

Il y a eu l’air iodé, les cheveux emmêlés par le vent, le sable dans les bottes et les mains dans l’eau.

Il y a eu l’émerveillement, les « waaah la mer » à n’en plus finir, les chatouilles dans le lit, les « papaaaaa », les courses poursuite avec les chats.

Il y a eu la patience retrouvée, la complicité revenue et la sérénité enfin là.

Il y a eu très peu de photos prises de notre petit séjour breton. Peut être parce que, quand je suis pleinement là, je préfère garder les souvenirs dans un petit coin de mon coeur.

Publicités

Dans nos oreilles

Si toi aussi, tu as chez toi un spécimen de moins de 3 ans qui réclame des comptines dès 7h du mat’.

Si toi aussi, tu te couches avec « Petit escargot » dans la tête, et te lève en fredonnant « Scions du bois ».

Alors voici quelques subterfuges qui, ni vu ni connu, te permettront d’écouter un peu autre chose.

► L’album Ilo Veyou de Camille. Il me semble qu’elle l’a écrit et composé après la naissance de sa fille. Des voix d’enfants, des ritournelles, de la douceur. Mais avec toujours le petit brin de folie de la chanteuse qui rend tout ça un peu moins gnangnan.

► La pittoresque histoire de Pitt Ocha des Ogres de Barback. J’avoue, au départ, les Ogres ce n’est pas franchement ma tasse de thé. Mais cet album, destiné d’abord aux enfants, est vraiment très chouette. Il déroule, au fil des chansons, l’histoire de ce petit garçon (Pitt Ocha, donc… oui, t’inquiète, moi aussi j’ai d’abord cru que c’était l’histoire d’un chat) qui découvre la vie nomade.

► I Love You (décidément!) de Mathieu Boogaerts. Non, non, promis, ce n’est pas Maman qui parle! La Chouette aussi aime beaucoup se dandiner dessus. L’intonation de sa voix, les rythmes de batterie, les petits sons rigolos… Ca fonctionne plutôt bien!

Bon on est d’accord qu’on reste sur des choses calmes, douces, francophones. C’est sûr que j’attends que la Chouette dorme pour me faire péter du Joy Division. Mais bon, c’est franchement plus plaisant qu’Henri Dès!

Si vous avez de quoi compléter cette liste, autant vous dire que je suis preneuse!

 

 

La Team des Mères Parfaites

Image

 

La semaine dernière, j’ai décidé d’emmener la Chouette à la bibliothèque pour une lecture destinée aux touts-petits. Oui, je sais, je vends du rêve.

Avant d’y aller, j’avoue, je n’étais pas très à l’aise. J’avais peur qu’il n’y ait personne, et d’être seule face à une vieille hippie conteuse. Et je redoutais un peu le comportement de la Chouette, enfant plutôt vive, dont le temps de concentration excède rarement les cinq minutes (une enfant de 20 mois, quoi).

Mais bon, j’ai surmonté mes peurs (on a les peurs qu’on peut ma pauvre dame), j’ai mis ma Chouette dans sa poussette et on est parties pour une folle matinée (on a la folie qu’on peut ma pauvre dame).

Ce que je n’avais pas prévu (j’aurais pu, tu me diras, on habite un quartier bourgeois où la mère au foyer fait légion), c’est que la lecture du jeudi matin, c’est le repère des mamans du coin. Bon, ce sera peut être l’occasion de me faire des copines ! Ahah.

J’arrive donc sur le parking de la bibliothèque, en poussette, à pied, normal quoi. Mais non, la mère de famille du coin, elle arrive au volant de sa voiture (ou de son 4×4 si tu préfères) classieuse. Quand elle en sort, tu pourrais mettre la scène au ralenti, tu sais comme dans les films là, avec la chevelure qui bouge et le sourire ultra bright. Elle est mince, elle a des beaux cheveux (toi t’as mis un bonnet parce qu’il pleuvait un peu, et que bon, je sais pas si t’as déjà essayé de tenir un parapluie en poussant une poussette… je te fais pas un dessin), elle est bien sapée (toi t’as juste eu le temps d’enfiler ton jean taille 42 que tu portais tout juste après la naissance de la Chouette. Il y a 20 mois, donc) et elle sort sa Mouflette de son maxicosy. Mouflette qui porte une jolie robe à col claudine, des ballerines vernies et une mignonne petite barrette. Petit coup d’oeil à la Chouette dans sa poussette. Pas de comparaison possible, j’ai enfanté une sauvageonne. Boucles emmêlées et indisciplinées devant les yeux (les barrettes c’est pour les faibles, Maman), résidus de boudoir autour de la bouche, et une petite crotte au coin de l’oeil. Parfaite.

Arrivée devant le bâtiment de la bibliothèque, un magnifique escalier en pierre. Ah. Tu fais le tour, pas d’autres accès. Mères en poussette et handicapés, la culture c’est pour les autres, rentrez chez vous. Bon. Petit coup d’oeil sur le parking. La Mère Parfaite a retrouvé une amie. Je te refais pas le tiercé gagnant : Chevelure parfaite/Minceur/Mouflette proprette. Et que ça papote, et que ça parle du dernier week end à Knokke. « HEHO LES MEUFS, je galère avec ma poussette là, de l’aide ? Oui ? Non ? ». Bon.

J’essaie de porter la poussette. Echec fumant. Je décide de procéder en deux temps. Je sors la Chouette de sa poussette, je monte les marches avec elle. Je la pose sur le perron. Je lui demande de m’attendre, de ne pas bouger, de ne pas s’approcher des escaliers. Je redescend les escaliers. « Maman ! ». Oui, j’arrive. Je prends la poussette à bout de bras. Je monte les 150 marches. La Chouette saute dans les flaques. Foutu pour foutu, vas-y, fais toi plaisir. J’ai chaud, j’enlève mon bonnet, j’ai sué, ma mèche a collé (j’ai un GROS problème de mèche qui colle quand je transpire). La Team Mères Parfaites me dépassent, l’air de rien. Pas un regard, pas un sourire. Je te jure, je me croirais dans une série américaine.

On arrive à l’étage. La conteuse nous attend. Je me détend, elle est jeune, elle s’appelle comme moi, même la Chouette lui fait un grand sourire. « Par contre, il faut retirer ses chaussures avant d’accéder au coin lecture ». Ah. Il s’avère que j’ai mis une paire trouée et dépareillée ce matin. Ahem. Petit coup d’oeil à la Team Mères Parfaites : jolies chaussettes assorties en coton sous une belle paire de bottes en cuir à dix mille.

La Team est déjà installée, leurs mouflettes sagement assises sur le tapis. La Chouette est déjà en train de courir partout. Elle veut, évidemment, aller dans l’autre pièce. Celle où on ne peut pas aller. Je vais la chercher une fois, puis deux. Forcément, elle s’énerve et commence à crier. Ahah, je garde mon calme et ma voix douce. Moi aussi je suis une mère parfaite, tavu. La Team me juge, je le sens. Je suis une mauvaise mère qui ne sais pas tenir sa fille. J’aurais du rester à la maison en pyjama et lui lire moi même des histoires (j’ai une tendance drama queen, j’avoue). Je sors le combo magique. Hop un doudou, hop une tétine (han, une tétine). Sur les genoux de Maman, ne bouge pas, regarde la dame va nous lire une histoire.

Je te laisse imaginer que la Team Mères Parfaites n’a pas besoin de ce genre de subterfuges pour calmer son enfant. Bizarre… Elles ont du leur filer une dose de Xanax avant d’arriver, c’est ma seule explication.

La Chouette est complètement captivée par les lectures. Elle veut participer, elle danse, elle écoute sagement. Je suis si fière d’elle. Et je peux me détendre un peu, et continuer d’étudier la Team. Je veux trouver la faille, merde.

Et la faille, la voilà. Mouflette n°2 n’est pas très disciplinée. Elle se lève beaucoup pour s’approcher de la conteuse, pour choisir les livres, pour les toucher. Enfin, jusqu’ici rien qui ne me choque vraiment. Une enfant quoi. Ah mais oui, mais Mère Parfaite n°1 ne l’entend pas du tout de cette oreille. Non parce que Mouflette n°2 empêche Mouflette n°1 de voir. «Mouflette n°2, pousse-toi, tu empêches ma fille de voir », « Mouflette n°2, assied-toi, Mouflette n°1 ne voit pas ce qui se passe »… Non stop pendant toute la séance. Réflexions accompagnées, bien évidemment, de regards lourds en sous-entendus à Mère Parfaire n°2 « Nan, mais tiens un peu ta mouflette veux-tu ! ». Et tu sens que Mère Parfaite n° 2 n’est pas très à l’aise. Elle hésite entre demander à sa gamine de se calmer, et demander à son amie de FERMER SA PUTAIN DE GUEULE.

On termine sur une dernière comptine. La Chouette est au taquet. Et vas-y que je me déhanche, et regarde comme je sais bien faire les marionnettes. C’est bon, j’ai passé l’épreuve haut la main. On reviendra.

La Team Mère Parfaite se lève, échange quelques banalités. Chacune retourne dans sa grosse voiture et promet de se retrouver à la même heure la semaine prochaine.

Et moi, je suis de nouveau sur le perron, avec ma poussette et ma Chouette. J’essaie de descendre avec une dans chaque main. No way, José. Et là, je vois débarquer une autre maman. On s’était croisée à l’étage. Elle a une mouflette de quelques mois, et une poussette bulldozer. Je lis l’appréhension dans ses yeux. Je lui propose un deal. Elle surveille la Chouette le temps que je descende ma poussette et je l’aide à descendre la sienne. Elle me sourit. J’ai l’impression d’être une sauveuse. Je suis la Mitch Buchannon de la poussette.

On se remercie. On se salue.

Si elle revient la semaine prochaine, je lui proposerais de faire partie de ma Team. Celle des Mères En Galère.

 

 

 

 

 

L’inachevée

 

Hier, en remettant de l’ordre dans mes petites affaires, je suis tombée sur un joli châle moutarde que j’avais commencé à tricoter au début de l’hiver. Ai-je besoin de préciser qu’il est toujours dans la « corbeille à tricot »? Il est toujours là parce que j’ai du mettre 3 semaines à passer de la première pelote à la deuxième. Et le double du temps à entamer la troisième. Au bout du compte, j’ai réalisé que je n’en avais pas pris assez. Retour au magasin pour m’entendre dire « Désolée Madame, mais de cette couleur-ci, nous n’en avons plus ». Je suis donc l’heureuse propriétaire d’un demi-châle moutarde. Pour la mi-saison, autant vous dire que c’est parfait.

Mais c’est surtout que cette découverte m’a renvoyé à un trait de ma personnalité auquel je n’aime pas franchement me frotter. Oui, c’est bien lui, le fameux « je-commence-plein-de-projets-et-je-laisse-tout-en-plan ».

Et si je commençais un tricot, mais que je mette teeeeelleeeemeeeent de temps à avancer que le stock de laine serait écoulé jusqu’à la dernière pelote (cherche pas, j’ai retourné tous les internets pour une foutue pelote jaune moutarde, et laisse moi te dire que c’est peine perdue). Tiens, j’ai une nouvelle idée de scénario, je ne vais écrire que ça pendant 3 jours, je vais me documenter, commander un livre introuvable qui parle du sujet. Résultat des courses: 3 traces de stabilos au chapitre un, et une dernière mise à jour qui date du 26 février. Oh, j’aimerais tant ouvrir un blog pour mettre par écrit ce qui me passe par la tête. J’écrirais au moins deux fois par semaine, je m’imposerais des rubriques hebdomadaires pour tenir le rythme, et je remplirais assidûment mon petit carnet avec des idées qui feraient de chouettes notes de blog. Ca fait plus de trois semaines que je n’ai pas pointé le bout de mon nez par ici, et ça commence à sentir le moisi.

Je pourrais te dire que ce ne sont ni l’envie, ni les idées qui me manquent. Je pourrais te dire que je manque cruellement d’énergie, que ces derniers mois de chômage à m’occuper à temps plein d’une petite Chouette en pleine phase « nononononon » m’ont littéralement épuisé. Je pourrais te dire que mes insomnies n’aident pas et que je profite des rares moments de pause pour dormir/manger/glander sur le net/bouquiner (bon, okay, feuilleter des magazines).

Je pourrais effectivement te dire tout ça, et ce ne serait même pas de fausses excuses. Mais je pourrais aussi décider de ne pas me laisser rattraper par ce syndrôme de l’inachevé, me secouer un peu les puces, et tenter, pour une fois, de mener un projet à bien.