Adagio (2)

La nuit était définitivement tombée sur le port. Pourtant, en cette période de fêtes, c’est comme s’il ne faisait plus jamais vraiment nuit. Les petites lumières qui scintillent dans les vitrines, les guirlandes lumineuses accrochées au flan des bâtisses, les arbres de noël qui clignotent ci et là dans les foyers.

Marie alluma une cigarette. Elle avait fini son service. C’était toujours elle qui fermait la cafétéria, et dans le fond, ça lui était égal. Elle aussi avait connu cette effervescence d’avant les fêtes, elle aussi avait apprécié que quelqu’un d’autre se dévoue pour lui permettre d’être chez elle plus tôt. Et puis, sans savoir vraiment comment, elle était devenue ce quelqu’un. Celle à qui on sait qu’on peut demander de rester tard, celle à qui on propose de travailler les jours fériés. Parce que c’est moins difficile de quitter un foyer vide, non ?

Sans s’en rendre compte, Marie n’avait pas emprunté le chemin habituel pour rentrer chez elle. Ses pensées l’avaient mené dans les petites rues pavées du centre ville. Une foule, bruyante et fourmillante. Des odeurs fortes et épicées. D’un coup, Marie se trouva projeter dans la vie et pour une fois, elle ne put pas faire autrement que de s’y confronter. Elle releva le col de son manteau, accéléra la cadence et fendit la foule avec pour unique but de retrouver la froideur rassurante de son appartement.

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